[#RUN] J’ai couru le Trail des Mines d’or – 23KM – 1900m D+

Plus d’un mois après avoir couru le Trail de l’Ebron, j’ai enfilé de nouveau mes chaussures de trail pour m’attaquer cette fois au Trail des Mines d’Or, à Morzine (Haute-Savoie). Une course beaucoup plus ambitieuse pour moi, car il s’agissait seulement de mon deuxième trail et que le profil était assez exigeant : 23km pour 1900m de dénivelé positif ! Si j’étais assez confiante sur ma capacité à courir les 23km, les 1900m de dénivelé me laissaient assez songeuse et m’ont, je dois l’avouer, donné quelques sueurs froides dans mes périodes de doute au cours de ma préparation !

Comme le départ se faisait le samedi matin à 9h, je suis arrivée sur Morzine la veille au soir et tout de suite j’ai été immergée dans l’ambiance « montagne » avec un logement dans un petit chalet totalement indépendant, rustique mais hyper mignon !

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Il était malheureusement trop tard pour récupérer mon dossard, mais logeant à 5 min à pied de la ligne de départ, je savais qu’il n’y aurait pas de problème pour le retirer sans stress le lendemain matin. Le soir, ce fut donc la traditionnelle pasta-party (sans gluten, bien sûr et avec du fromage vegan, pour mettre toutes les chances de mon côté et éviter tout désagrément gastrique !), puis petite balade digestive dans le village avant d’aller dormir tôt, car le lendemain le réveil allait être bien matinal !

6h30 : Réveil bien trop tôt après une nuit assez agitée. Je m’habille chaudement car les températures sont assez fraîches en haute montagne le matin, j’avale mon petit-déjeuner du bout des lèvres… Pas très très faim ce matin, mais je me force car je sais que je vais avoir besoin de ces précieuses calories tout au long de cette course.

7h30 : Départ du chalet pour aller récupérer mon dossard et attendre le départ de la course. Je me sens vraiment anxieuse car je ne sais pas du tout à quoi m’attendre surtout quand je regarde les montagnes qui m’entourent ! Elles me paraissent bien hautes ces montagnes et je sens que je vais souffrir sur ce parcours ! En regardant les autres coureurs, je comprends que je suis passée dans une catégorie au-dessus dans le monde du trail : je suis entourée de corps minces, forts, affûtés. Les équipements sont plus techniques aussi ! Bref, j’ai l’impression d’être une parfaite touriste ! @houblonetco essaie de me rassurer et de me déstresser mais rien à faire : je suis tendue !

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8h45 : Il est temps de rejoindre la ligne de départ et de s’installer dans le sas pour attendre le décompte final qui signera le début de la course la plus dure que j’ai faite à ce jour (certes, j’ai très peu d’expérience dans le domaine, d’où peut-être mon jugement un peu grandiloquent, mais quand même !). J’ai les jambes molles, le corps qui bat bien trop vite et la chaire de poulette pendant les dernières minutes qui précèdent le départ !

9h : C’est parti ! Les participants qui m’entourent partent vraiment très vite alors que dès les premiers mètres le chemin est escarpé ! Je commence à me dire que j’ai vu trop grand pour moi mais je préfère rester à mon rythme pour éviter de me mettre dans le rouge. En réalité, très vite je me rends compte que ce n’est que l’engouement du départ qui a accéléré la cadence car je rattrape facilement certains coureurs partis comme des fusées. J’arrive alors à prendre mon rythme de croisière et la course peut enfin commencer !

KM5 : Après un petit dénivelé au départ de la course, la route se fait plus plate. On pénètre dans la forêt où le chemin est assez boueux mais surtout très étroit. Je me retrouve bloquée derrière de nombreux coureurs qui marchent ! Assez frustrant car je sais que je pourrais aisément courir sur cette portion plus que roulante ! Deux autres femmes derrière moi essaient de doubler également. On demande assez fort de nous laisser passer mais personne ne réagit. On ressent clairement la gente masculine réticente à se laisser doubler par trois nanas… C’est bien dommage et peu sportif comme état d’esprit, mais je ne peux que ronger ma frustration et tenter des percées lorsque le chemin s’élargit un peu !

Heureusement, passée cette portion et une fois doublées ces personnes peu sympathiques, je ne croiserai presque que des coureurs sympas et intelligents (ouf !) avec lesquels je pourrais échanger quelques mots ou rire un bon coup !

KM8 : Nous sommes sortis de la forêt et le chemin se fait beaucoup plus escarpé ! Par contre, qu’est-ce que c’est beau ! Je suis entourée de pâturages verdoyants et de hautes montagnes ! Un régal pour les yeux qui permet de faire oublier un peu le fait que la route monte, monte, monte… Comme je suis obligée de marcher vu le dénivelé, j’en profite pour échanger quelques mots avec certains coureurs. C’est vraiment une des choses que j’aime dans le trail : l’échange et la bonne ambiance qui existe entre les participants. J’avance progressivement, changeant de lièvre régulièrement lorsque je le trouve trop lent ou trop rapide.

KM15 : Petit à petit, les kilomètres défilent sous les pieds. Je veille à boire régulièrement, à relancer sur les zones roulantes pour garder un bon rythme tout en écoutant mes sensations. Je sens que mes muscles tirent un peu, mais je me sens globalement bien et en bonne forme. Le ravito arrive à point nommé pour me recharger en eau et croquer un petit bout de banane. Je passe la barrière horaire du Lac des Mines d’Or en 1h52. Je sais qu’à partir de ce moment-là, le plus gros du dénivelé reste à venir ! Plus de 900m à faire sur une portion de 6km environ ! Autant dire que ça va sacrément grimper et qu’il va falloir s’accrocher !

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KM15 – KM20 : En effet, ça monte dur et en continu ! Je sens mes fessiers complètement contractés. Pendant toute ma prépa trail, j’étais persuadée que sur cette portion ce seraient mes cuisses qui auraient été en feu, mais non : ce sont les fessiers ! J’ai sacrément mal, mais je m’accroche. Je profite de chaque zone un peu plane pour relâcher la pression et pouvoir ré attaquer les montées de plus belle. Depuis quelques kilomètres je me suis trouvée un lièvre qui avance d’un bon pas, double régulièrement alors je m’accroche à ses pas pour continuer à avancer sans me laisser embarquée dans un rythme de croisière trop confortable. A un moment, il lâche l’affaire et me laisse passer ! Dommage ! Je continue d’escalader la montagne. On passe par des zones à flan de montagne où des cordes nous aident à ne pas tomber dans le vide. Le chemin est un peu glissant à cause de la pluie de ces derniers jours. Régulièrement, je me rappelle de lever les yeux du chemin pour admirer le sublime paysage qui m’entoure ! Des montagnes à perte de vue, de l’herbe verte, des roches grises, du brouillard, de la neige : la réunion parfaite de tous ces éléments naturels que j’aime tant ! Je regrette de ne pas pouvoir faire de photos, mais je préfère poursuivre ma course et ancrer les images dans mes souvenirs ! On croise régulièrement des randonneurs qui nous encouragent et honnêtement, ça fait du bien car l’ascension semble parfois interminable. Cependant, malgré mes fessiers en feu, je me sens vraiment bien sur cette course. Elle est dure, certes; elle est exigeante, oui; mais à aucun moment je ne regrette de m’être inscrite tant le parcours est beau et diversifié ! 

KM20 : Le sommet, enfin ! Un ravito non officiel nous y attend, parfaitement à propos avant d’amorcer les 4 kilomètres de descente sur lesquels il va falloir garder un esprit éveillé et vif ! Je bois quelques verres d’eau, mange un nouveau morceau de banane et je m’empresse de partir à l’assaut de cette dernière descente !

Le chemin est assez glissant mais j’essaie de garder un rythme soutenu. Je commence à avoir en visu Avoriaz et ça me remet du baume au coeur ! Je sais que la fin est proche mais en même temps, je sais que je dois focaliser mon attention sur la route pour ne pas tomber, trébucher ou pire, me blesser !

KM22 : Je continue à descendre mais une douleur sur le côté droit de mon ventre commence à m’inquiéter… J’essaie de bien souffler pour relâcher cette zone, mais je me rends vite compte que la douleur ne s’estompe pas… Je sais que ce n’est pas un point de côté et je reconnais là les douleurs caractéristiques de ma colopathie fonctionnelle. Je rage intérieurement… Les jambes sont là, le souffle est là, la ligne d’arrivée est proche mais la douleur devient tellement intense que même en essayant de faire abstraction, je suis obligée de marcher sur une portion plate… Je tâte mon côté droit : complètement contracté… Je poursuis ma course en marchant vite et en essayant de relancer un peu en montée. Mais j’ai tellement mal ! J’ai les larmes aux yeux de douleur et de frustration ! J’entends les hauts-parleurs mais rien n’y fait, mon corps refuse de m’obéir !

KM23 : A quelques mètres de la ligne d’arrivée, je décide de coûte que coûte courir ! Ces derniers mètres me paraissent interminables ! Je vois @houblonetco  qui m’encourage, j’ai envie de pleurer mais je m’accroche et c’est fatiguée nerveusement mais aussi un peu physiquement que je passe la ligne d’arrivée après exactement 3h44min30s de course.

Je ne réalise pas que, ça y est, je l’ai fait ! Je viens de courir ma course la plus longue de ma courte carrière de coureuse. Je suis venue à bout de ce trail ! Et surtout, je me rends compte que je suis 20ème féminine et 9ème de ma catégorie (senior féminine). Je récupère rapidement mon t-shirt de finisher avant de m’effondrer en pleurant dans les bras d’@houblonetco ! Un mélange de frustration et de soulagement ! (Merci d’ailleurs à la gentille participante qui est venue me voir pour s’assurer que tout allait bien !).

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Une douche chaude et une pinte de bière plus tard, je commence déjà à planifier dans ma tête de nouvelles aventures montagnardes ! Comme quoi, le traileur est bien amnésique, passée la ligne d’arrivée !!

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