Ode au running hivernal, à l’aube

Il est 6h, le réveil sonne. Tôt, beaucoup trop tôt.
Dehors, la nuit est encore totale et les rues sont désertes.

Il faut puiser au fond de soi la force de sortir de la chaleur réconfortante et rassurante du lit. Les membres sont engourdis, l’envie n’est pas vraiment là. La tentation de renoncer, de s’abandonner au sommeil pour quelques heures encore se fait plus forte que jamais.

On sait le froid mordant de l’hiver, on sait l’obscurité présente, on sait la pluie, on sait l’humidité… Mais, on sait aussi que, passées les premières minutes, toutes ces pensées démotivantes ne seront plus qu’un lointain et mauvais souvenir.
Alors, on enfile son legging d’hiver, sa première sous-couche, suivie de sa veste. On pose soigneusement son bandeau pour protéger ses oreilles, on lasse ses chaussures et… on sort.

Seul l’éclairage de la rue parvient à percer l’obscurité et le brouillard de la nuit. La porte claque derrière nous, c’est le signe qu’il fallait pour s’élancer, il n’est ici plus question de reculer, la séance matinale de course peut commencer.

Les premières minutes sont dures. L’air glacé pénètre douloureusement dans les poumons, les membres sont encore engourdis, le sang circule mal dans les jambes. On sait qu’on pourrait encore renoncer mais en réalité il est déjà trop tard.

Après quelques minutes, les mouvements se font plus fluides, on retrouve ses habitudes de course, on apprécie enfin le moment présent.

Car, oui, à partir de cet instant, courir si tôt le matin devient un plaisir.

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Les rues sont vides de piétons et de voitures, la ville est encore silencieuse, endormie. Les pas du coureur matinal résonnent dans l’obscurité. Ce silence et cette solitude favorisent le vagabondage des pensées. À cette heure du jour, tout est possible. On se plait alors à imaginer une autre vie, de nouveaux projets ou, simplement, on profite de cette absence de pensées, de ce vide abyssal si rare et si jouissif.
Les kilomètres s’étirent, le rythme est constant, le souffle régulier. On se sent pleinement bien, puissant, fort, vaillant.
8 kilomètres, 10 kilomètres. La course est entièrement sous contrôle mais l’ivresse tellement plus facile à atteindre.

Sans même en avoir conscience, presque dans un état second, on a parcouru les kilomètres escomptés et nous voilà de retour chez nous.

Il est temps maintenant de revenir dans le réel, de se doucher rapidement pour entamer sa seconde vie, sa seconde journée, son travail. Mais on se sent tellement bien, relaxé, serein. Ce sera une bonne journée. Et même si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave, car ce matin on a couru. Et si les problèmes du quotidien font leur apparition, si les vicissitudes de la vie sont difficles à supporter, on pourra alors s’accrocher à cette pensée : demain ou peut-être après-demain, on aura de nouveau cette petite heure pour nous, rien que pour nous, à l’assaut de cette ville endormie. Et, le calme reviendra.

Voilà pourquoi j’aime tant courir tôt le matin quand le monde est encore endormi.

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Petite précision non poétique :

Courir de nuit peut être un peu dangereux. Alors, pour être serein, on garde en tête les précautions d’usage :
– On informe une personne proche de notre course et on lui indique le parcours que l’on souhaite suivre;
– On s’habille avec des vêtements réfléchissants pour être bien visibles des voitures;
– On évite les coins et les ruelles vraiment obscures et on préfère courir sur de grandes artères;
– n’hésitez pas non plus à glisser une pâte de fruits ou quelques abricots secs dans votre poche pour parer à une éventuelle hypoglycémie.

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